Il est visible que l’importance du discours environnemental pour les élections à venir est devenue possible grâce à la prise de conscience des citoyens mais aussi à cette volonté d’éthique, de morale. Peut-être une réaction de la montée mondiale du phénomène religieux dans une France qui se veut laïque ? Malheureusement à toute vertu existe un pendant négatif. Dans le cas de l’éthique on serait tenté d’y voir la démagogie.
Mais il existe un phénomène bien plus inquiétant et décrié jusqu’au cœur du monde politique : « la dictature de la bonne pensée ». Sorte de pensée unilatérale éthiquement correcte qui peut très vite réduire le débat. Cette « éthique obscurantiste » apparaît sur tous les sujets de société qualifiés de « sensibles » comme l’immigration, les retraites, la mondialisation. Cet obscurantisme fait de la real politique, la politique du méchant puissant, provoque la repentance ad vitam pour des faits antiques commis par une nation.
Alors apparue Ségolène Royale, une femme de gauche. Rien que ces deux adjectifs lui ont ralliés nombre de supporter : Bobo, média. De par sa féminitude, elle est difficilement attaquable par un homme sous peine pour ce dernier d’être qualifié d’affreux macho. L’éthique obscure limite donc le débat et il est a parié qu’une débat ségo-sarko est peut probable ou sera alors édulcoré au possible. Il est encore certain que Ségolène est porteuse du message éthique que recherche les français. Tout en elle va dans ce sens : « femme au service et à l’écoute des français, n’agissant qu’en fonction de leurs attentes ». Une volonté de retour à la démocratie athénienne ? Possible ou démagogue ? Mais à force d’être éthique, Ségolène ne risque-t-elle pas d’en devenir lisse, asexuée, apolitique. L’éthique obscure serait-elle un monstre dévorant son champion tel le néant dévorant les étoiles ? La surprenante ascension de Nicolas Hulot, candidat encore plus éthique que Ségolène, et son poids sur le débat n’est-elle pas la démonstration de ce risque.
L’éthique, un nouvel extrémisme politique entraînant par la surenchère vers l’irréalisme et le lissage du débat politique… la fin de la démocratie ?
Comme tout courant idéologique fort, il faut se méfier de le pousser trop loin. Durant l’élection présidentielle de 2007, les citoyens français devront faire attention à ce phénomène. Voter pour une carrure, un programme, un état d’esprit et non pour une image propre, un message trop consensuel, et un faux universalisme de la pensée, quoi que le vide est bien universelle. L’éthique se doit d’être une honnêteté intelligente et un non arianisme idéologique refusant la pensée grise à la pureté incomplète.
A bientôt.
Montgiac
